Nombre de jour entre deux dates en Excel : formules prêtes à l’emploi

Calculer le nombre de jours entre deux dates dans Excel repose sur trois approches distinctes : la soustraction directe, la fonction JOURS et la fonction DATEDIF. Ces méthodes produisent des résultats identiques dans les cas simples, mais divergent dès que le contexte impose des contraintes – jours ouvrés, jours fériés, comptage inclusif des dates extrêmes. Avant de choisir une formule, il faut donc comprendre ce que chacune compte réellement.

Soustraction simple et fonction JOURS : deux façons de compter les jours calendaires

La méthode la plus directe consiste à soustraire la date de début à la date de fin : =B2-A2. Excel stocke chaque date comme un entier (1 correspondant au 1er janvier 1900), ce qui rend l’opération arithmétique parfaitement valide. Le résultat représente le nombre de jours entiers écoulés entre les deux dates, sans compter le jour de départ.

La fonction JOURS produit le même résultat avec une syntaxe légèrement différente : =JOURS(date_fin ; date_début). L’ordre des arguments est inversé par rapport à la soustraction, ce qui peut prêter à confusion. Si le résultat s’affiche sous forme de date plutôt que de nombre, il suffit de changer le format de la cellule en « Nombre ».

Le piège du comptage inclusif

La soustraction =B2-A2 exclut le jour de départ. Pour un séjour du 1er au 7 juillet, la formule retourne 6 et non 7. Si les deux dates doivent être incluses dans le décompte – cas fréquent pour une location, un abonnement ou une période de facturation – la formule correcte est =B2-A2+1. Ce choix dépend entièrement de la convention métier appliquée, pas d’Excel lui-même.

La fonction DATEDIF : jours, mois et années dans une seule formule

DATEDIF calcule la différence entre deux dates selon une unité choisie. Sa syntaxe est =DATEDIF(date_début ; date_fin ; unité). L’unité « d » retourne les jours, « m » les mois complets, « y » les années complètes.

Microsoft indique explicitement dans sa documentation que DATEDIF a été conservée pour assurer la compatibilité avec les anciens classeurs Lotus 1-2-3, et que la fonction peut produire des résultats incorrects dans certains scénarios. Elle n’apparaît pas dans l’aide automatique d’Excel lors de la saisie : il faut la connaître et la taper en entier.

Les unités combinées de DATEDIF

Les unités « ym » et « md » permettent d’isoler les mois ou les jours résiduels après déduction des années et des mois complets. Elles servent notamment à calculer un âge précis au format « X ans, Y mois, Z jours ». L’unité « md » est celle qui concentre le plus d’erreurs documentées par Microsoft : son usage est à réserver aux cas où la précision au jour près n’est pas critique.

Homme utilisant des formules Excel pour calculer des intervalles de dates dans un bureau à domicile

NB.JOURS.OUVRES : calcul de jours ouvrés avec ou sans jours fériés

Quand le calcul doit exclure les week-ends, la soustraction simple ne suffit plus. La fonction NB.JOURS.OUVRES prend trois arguments : =NB.JOURS.OUVRES(date_début ; date_fin ; [jours_fériés]). Elle compte les jours du lundi au vendredi et inclut les deux dates extrêmes lorsqu’elles tombent un jour ouvré.

Le troisième argument est une plage de cellules contenant les dates de jours fériés à exclure. Excel ne dispose d’aucune liste intégrée de jours fériés : il appartient à l’utilisateur de la constituer et de la maintenir. Écrire les dates directement dans la formule fonctionne, mais rend la mise à jour fastidieuse et augmente le risque d’erreur liée aux formats de date régionaux.

NB.JOURS.OUVRES.INTL pour les semaines atypiques

La version internationale de la fonction, NB.JOURS.OUVRES.INTL, ajoute un argument « week-end » qui permet de définir quels jours sont considérés comme non travaillés. Un commerce ouvert le samedi et fermé le vendredi-samedi, ou un calendrier avec repos le mercredi, peut ainsi être pris en compte. Cet argument accepte soit un code numérique prédéfini, soit une chaîne de 7 caractères (0 pour ouvré, 1 pour non ouvré) correspondant à chaque jour de la semaine du lundi au dimanche.

Dates saisies en texte : une source d’erreurs silencieuses

Une date affichée comme « 25/04/2025 » dans une cellule peut être stockée comme texte ou comme valeur numérique : visuellement, rien ne distingue les deux. Une date au format texte rend toute formule de calcul inopérante ou fausse sans générer d’erreur visible dans certains cas.

  • Pour vérifier le type d’une cellule, la fonction ESTNUM(A2) retourne VRAI si la date est bien stockée comme nombre. Si elle retourne FAUX, la cellule contient du texte.
  • La fonction DATEVAL convertit une chaîne de texte en valeur de date numérique, en se basant sur les paramètres régionaux du système. Une chaîne au format américain (mois/jour/année) interprétée avec des paramètres français produira une erreur ou une date incorrecte.
  • Lorsque des dates proviennent d’un export ou d’un copier-coller depuis une autre application, il vaut mieux contrôler systématiquement le format avant d’appliquer une formule de différence.

Quelle formule choisir selon le cas d’usage

Le choix de la formule dépend de ce que le calcul doit produire, pas de sa complexité.

  • Jours calendaires entre deux dates, jour de départ exclu : =B2-A2 ou =JOURS(B2;A2).
  • Jours calendaires avec les deux dates comptées : =B2-A2+1.
  • Mois ou années complets écoulés : =DATEDIF(A2;B2; »m ») ou =DATEDIF(A2;B2; »y »), en ayant conscience des limites documentées de DATEDIF.
  • Jours ouvrés du lundi au vendredi, hors jours fériés saisis dans une plage : =NB.JOURS.OUVRES(A2;B2;plage_fériés).
  • Jours ouvrés sur un calendrier non standard : =NB.JOURS.OUVRES.INTL(A2;B2;code_weekend;plage_fériés).

La soustraction directe couvre la grande majorité des besoins. NB.JOURS.OUVRES reste la seule formule fiable dès que les week-ends ou les jours fériés entrent dans le calcul. DATEDIF garde un intérêt pour les décomptes en mois ou en années, à condition de tester les résultats sur des dates limites (fin de mois, passages d’année) avant de déployer la formule dans un fichier de production.

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